Bien hiverner ses hausses de miel : guide complet

Publié par Delphine - Aux Abeilles Alpines le 20/08/2026 19:24 et modifié le 20/08/2026 11:46.

Retirer ou laisser la hausse, stocker les cadres, surveiller la teigne et vérifier les réserves : chaque décision protège le matériel et la colonie avant les grands froids.

Faut-il laisser une hausse sur la ruche en hiver ?

La hausse est retirée après la dernière récolte dans la plupart des régions françaises. La force de la colonie, le modèle de ruche et le calendrier des miellées locales déterminent ensuite la conduite à tenir.

Apiculteur en combinaison de protection près d'une ruche hivernale, matériel et cadres posés sur une table en bois dans un paysage hivernal. Faut-il hiverner ses ruches avec une hausse de miel.

Décider selon la force des abeilles

L’occupation réelle de la hausse avant les premiers froids fait la différence. Une colonie forte, dont le corps contient beaucoup de couvain, peut parfois hiverner avec un élément supplémentaire.

Pour bien hiverner des hausses de miel, évaluez le poids de la colonie et l’état de ses provisions.

Adapter l’hivernage au type de ruche

En ruche Dadant standard, la hausse de récolte est retirée avant les premiers froids.

La ruche Warré, conçue par l’abbé Émile Warré comme une ruche divisible, hiverne sur deux éléments entièrement bâtis.

  • Ruche Dadant 10 cadres : retirer la hausse après la dernière miellée. Cette hausse à miel, assemblée en tenons par collage, offre une bonne robustesse pour la saison suivante.
  • Ruche Dadant 12 cadres : la hausse à tenons pour ruche Dadant 12 cadres, en pin maritime avec crémaillères et bande inter-cadres, facilite le respect de l’espacement entre deux saisons.
  • Ruche Warré : hiverner sur deux éléments entièrement bâtis. Si la colonie manque de bâtisse, regrouper les petites colonies avant les premiers froids.

Lorsque la hausse contient encore du miel ou du couvain à la mi-automne, redescendez les cadres utiles dans le corps de ruche. La nourriture reste ainsi proche de la future grappe, tandis que la hausse peut être préparée pour le stockage sans prolonger inutilement l’ouverture de la colonie.

Réorganiser les cadres avant les froids

Cette réorganisation se réalise lors de la dernière visite de septembre, par temps calme et avec une température d’au moins 15 °C. Les cadres de miel de la hausse sont placés de part et d’autre du couvain central pour former une réserve accessible lorsque les températures baissent.

Confirmez aussi la présence d’une reine pondeuse et estimez les réserves avant tout nourrissement.

  • Cadres de miel : les descendre en bordure du couvain dans le corps afin de rapprocher la nourriture de la grappe hivernale.
  • Cadres de couvain : les centraliser pour que la grappe puisse les couvrir sans disperser sa chaleur.
  • Cadres vides ou peu bâtis : les retirer du corps afin de réduire le volume à chauffer et les déperditions.

Une fois la hausse posée hors de la ruche, vérifiez le poids global en soulevant légèrement la caisse par l’arrière. Un poids insuffisant indique un manque de réserves : un nourrissement complémentaire doit alors être prévu avant la fermeture hivernale.

Type de ruche Décision hausse Réserves cibles Poids ruche pleine
Dadant 10 cadres Retirer la hausse 15 à 20 kg de miel 35 à 40 kg
Dadant 12 cadres Retirer la hausse 15 à 20 kg de miel 35 à 40 kg environ
Warré Hiverner sur 2 éléments bâtis Réserves dans les 2 éléments Variable selon le format

Stocker les hausses et chaque cadre de miel

Après le retrait de la hausse, sa préparation conditionne la qualité du matériel disponible pour la prochaine saison apicole. Des cadres mal triés ou entreposés dans un local humide peuvent devenir inutilisables en quelques semaines.

Faire lécher et trier les cadres

Après l’extraction, replacez les rayons dans des hausses non clouées, puis posez-les sur les ruches pendant une nuit afin que les abeilles les lèchent. Conserver des cadres pleins de miel jusqu’à la saison suivante commence par ce tri, après le léchage.

  • Rayons noirs et anciens : écartez-les pour la fonte. Ils ne doivent pas retourner dans une hausse, car une cire chargée de débris favorise la teigne.
  • Rayons blancs et blonds : gardez-les pour équiper les hausses de la prochaine saison. Ces bâtisses restent les plus saines et les plus attractives pour les abeilles.
  • Cadres avec résidus de pollen : surveillez-les en priorité pendant le stockage, car le pollen attire particulièrement la fausse teigne et les guêpes.

Une fois les rayons triés et replacés dans les hausses, congelez les cadres suspects quelques jours à température négative. Ce traitement détruit les œufs et les larves de ravageurs éventuellement présents avant leur développement hivernal. Il évite ainsi un traitement chimique des bâtisses contaminées au printemps.

Choisir un local sec pour l’hiver

Stocker les hausses en cave présente un risque important : l’humidité y est généralement trop élevée pour le bois et la cire. Un abri fermé avec des fenêtres ou des puits de lumière convient mieux pour stocker les hausses, car la luminosité gêne naturellement la fausse teigne. Un garage frais convient également si sa ventilation limite l’excès d’humidité. Prévoyez des inspections régulières.

Le stockage ouvert, avec les hausses croisées à 90 degrés les unes par rapport aux autres, favorise la circulation de l’air entre les cadres. Cette disposition limite la stagnation d’humidité. À l’inverse, les conteneurs plastiques hermétiques et le film plastique sont à proscrire : le plastique ne respire pas, et l’humidité résiduelle du bois ou du miel favorise rapidement les moisissures, jusqu’à rendre les cadres inutilisables.

Prévenir moisissures et rongeurs

Les rongeurs menacent sérieusement les bâtisses pendant l’hiver. Les souris peuvent nicher dans les rayons bâtis et ronger ceux qui contiennent du miel ou du pollen. Contrairement à la teigne, elles ne sont pas repoussées par la lumière. Pour protéger les piles de hausses, placez des grilles à chaque extrémité et complétez ce dispositif avec des pièges autour des piles.

Un contrôle mensuel du local de stockage permet de repérer rapidement une intrusion ou une trace de moisissure. Dès les premières chaleurs, inspectez chaque cadre avant sa remise en ruche.

Protéger les abeilles et les hausses pendant l’hivernage

La préparation hivernale concerne deux éléments : les hausses stockées, vulnérables à la teigne et aux rongeurs, et les ruches en activité, qui doivent conserver des provisions suffisantes avec une entrée adaptée aux températures. Ces deux volets se préparent dès l’automne. Une colonie mal préparée aura du mal à passer l’hiver, même si le matériel de récolte est bien conservé.

Éviter la teigne dans les hausses

La fausse teigne pond dans les alvéoles. Ses larves dégradent les rayons stockés, surtout lorsqu’ils contiennent encore du pollen, du miel ou des débris organiques.

Pour les hausses rangées hors de la ruche, les mèches soufrées à base de soufre œnologique, montées sur toile de coton, offrent un traitement efficace contre les larves de Galleria mellonella pendant la saison froide. Pour assurer la protection de vos hausses contre la teigne, placez les mèches dans les cadres ou entre les hausses empilées : aucun matériel supplémentaire n’est nécessaire.

  • Soufre œnologique : non soluble dans la graisse, il respecte la cire et les résidus de miel. Il ne présente pas de risque de contamination au printemps lorsqu’il est employé selon les indications du produit.
  • Mise en place : glissez les mèches dans les interstices des hausses empilées, sans préparation particulière.
  • Durée d’action : une diffusion régulière pendant l’hiver contribue à maintenir les rayons sains jusqu’à la reprise de la colonie dès les premières chaleurs.
  • Contrôle régulier : inspectez les hausses au moins une fois par mois afin de repérer rapidement une infestation ou une trace de moisissure.

La quantité se dose donc selon le nombre de hausses à traiter. Ce traitement sécurise le stockage de la cire entre deux miellées, sans contact avec les abeilles ni avec le miel récolté la saison suivante. En pratique au rucher, conservez les hausses dans un local sec, ventilé et inaccessible aux rongeurs.

Préparer les réserves des abeilles

Avant de faire hiverner une colonie, vérifiez qu’elle dispose de 15 à 20 kg de réserves suffisantes pour traverser la saison froide. Une ruche Dadant à 10 cadres correctement approvisionnée pèse généralement entre 35 et 40 kg, ruche vide comprise. Pour un hivernage de ruche sur 8 cadres ou moins, le volume réduit limite les pertes de chaleur, mais demande une surveillance attentive des provisions durant l’hiver.

Le nourrissement de complément suit le calendrier : le sirop 50/50, composé d’eau et de sucre, se distribue tant que la température extérieure dépasse 15 °C, généralement en septembre. Dès que les températures passent sous ce seuil, déposez le candi directement au-dessus des têtes de cadre. Les abeilles le consomment lentement sans déplacement important de la grappe.

Le candi enrichi en protéines soutient le développement des abeilles d’hiver et accompagne la reprise de ponte en fin de saison froide. La nourriture doit rester accessible à la grappe : un déplacement prolongé en hiver consomme de l’énergie et fragilise la colonie. À privilégier selon la saison : contrôlez le poids de la ruche plutôt que d’ouvrir inutilement lorsque les températures sont basses.

Réduire l’entrée de la ruche en hiver

Une entrée trop large crée des courants d’air et oblige les abeilles à consommer davantage de réserves pour maintenir la température de la grappe. Installez une planchette ou une grille de réduction dès que les températures nocturnes descendent sous 10 °C, généralement en octobre dans les régions apicoles françaises.

  • Réduction d’entrée : installez-la dès 10 °C la nuit pour limiter les courants d’air et aider la colonie à défendre l’accès contre les rongeurs et les guêpes.
  • Isolation thermique : un couvre-cadres isolant en mousse ou en aluminium réduit les pertes de chaleur par le haut et aide à maintenir la grappe entre 25 et 32 °C à cœur.
  • Partitions isolantes : adaptez le volume intérieur à la taille réelle de la colonie avec des partitions réfléchissantes afin d’économiser l’énergie et la nourriture.
  • Toit étanche : vérifiez l’étanchéité avant les pluies d’automne. Une infiltration favorise l’humidité, qui met la grappe hivernale en difficulté.

Contrôlez le poids de la ruche chaque quinzaine et adaptez la réduction d’entrée à la température nocturne. Une colonie forte, une reine en bon état et un cadre sanitaire maîtrisé donnent les meilleures conditions pour hiverner et redémarrer au printemps. Un passage rapide derrière la ruche suffit à vérifier l’activité sans déranger la grappe.

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Foire aux questions

Retirez la hausse après la dernière récolte, généralement entre fin août et fin septembre, selon la région et le calendrier des miellées. Cette période convient aussi au traitement du varroa : sans hausse, l’intervention agit efficacement sur la colonie avant la naissance des abeilles d’hiver. Par temps calme, à au moins 15 °C, vérifiez que la hausse ne contient plus d’abeilles et que les cadres utiles ont bien été redescendus dans le corps de la ruche.

Pour conserver des cadres pleins de miel entre deux saisons, placez-les dans des hausses croisées à 90 degrés, dans un local sec, frais et éclairé. Après le léchage par les abeilles, triez les rayons noirs destinés à la fonte, puis stockez les cadres blancs et blonds à l’abri de l’humidité.

Pour protéger la cire contre la fausse teigne, glissez des mèches soufrées à base de soufre œnologique dans les interstices des cadres. Cette protection accompagne le stockage tout au long de l’hiver, sans risque de contamination du miel.

Chaque colonie doit disposer de 15 à 20 kg de réserves avant l’entrée en hiver. Pour une ruche Dadant à 10 cadres, cela représente un poids total d’environ 35 à 40 kg. Si la réserve est insuffisante, distribuez un sirop 50/50 d’eau et de sucre en septembre, tant que les températures dépassent 15 °C.

Sous ce seuil, posez du candi sur les têtes de cadres : cette nourriture d’appoint reste accessible à la grappe tout l’hiver, sans nécessiter l’ouverture de la ruche.