Comment se reproduit le varroa : cycle du varroa destructor et rôle de la femelle
Comprendre comment le varroa se reproduit dans les alvéoles de la ruche constitue la première base d’une lutte efficace au rucher. Le cycle de vie du varroa commence avec l’entrée d’une femelle fondatrice et se poursuit jusqu’à l’émergence des parasites fécondés.
Comment le varroa se reproduit dans le couvain
Varroa destructor est un acarien parasite qui cible surtout le couvain operculé d’ Apis mellifera. Sa biologie dépend du développement larvaire de l’abeille : sans cellule contenant du couvain, l’acarien ne peut pas se reproduire. Pour suivre une infestation, l’outil de suivi du varroa Easy Check propose trois méthodes complémentaires, adaptées aux différents profils d’apiculteurs.
L’entrée de la femelle fondatrice
Le cycle commence lorsqu’une femelle adulte fécondée, appelée fondatrice, pénètre dans une cellule qui contient une larve, quelques heures avant l’operculation par les ouvrières. Des composés chimiques attractifs, notamment les phéromones émises par le couvain, semblent guider cet acarien parasite vers les cellules au stade favorable à sa reproduction.
Il arrive que deux fondatrices, voire davantage, occupent une même cellule. La pression exercée sur la larve augmente alors nettement. L’article d’INRAE sur la reproduction du varroa dans les ruches présente les recherches consacrées à ces mécanismes d’attraction chimique.
La ponte après l’operculation
Une fois l’opercule posé, la fondatrice commence à se nourrir sur la larve dans les six heures. Elle perce sa cuticule pour atteindre les nutriments, créant un point de ponction qui servira ensuite à toute la descendance. La ponte débute 60 à 70 heures après la fermeture de la cellule, à raison d’un œuf toutes les 30 heures.
Comprendre ce cycle explique pourquoi le couvain operculé constitue un levier central pour limiter la multiplication de ce parasite de l’abeille.
- Premier œuf : toujours un mâle non fécondé, dont le rôle est de féconder ses sœurs lorsqu’elles atteignent la maturité.
- Œufs suivants : des femelles fécondées, destinées à devenir de nouvelles fondatrices dans d’autres cellules.
- Capacité de ponte : jusqu’à 6 œufs dans le couvain d’ouvrières et jusqu’à 7 dans le couvain de faux-bourdons.
- Transmission virale : chaque prise alimentaire de la fondatrice peut transmettre des virus à la larve hôte.
La différence se joue sur la durée d’operculation. Plus la cellule reste fermée, plus les femelles ont le temps d’achever leur développement avant l’émergence de la jeune abeille. Le couvain de faux-bourdons devient ainsi particulièrement vulnérable et peut servir de piège.
Pour agir sans traitement chimique, le piégeage du varroa avec un cadre à mâles exploite cette préférence biologique. Le cadre doit être retiré avant la naissance des mâles.
Le développement des jeunes varroas
Dans la cellule operculée, les jeunes varroas se développent entre 31 et 37 °C, une température maintenue naturellement par la colonie autour de son couvain. Les femelles atteignent l’état adulte en 5 à 6 jours, tandis que le mâle y parvient en environ 6 jours. Chaque jeune femelle subit deux mues avant de devenir adulte et d’être fécondée par son frère dans la cellule.
Les femelles dont le développement reste inachevé au moment de l’émergence de l’abeille périssent, car elles ne survivent pas hors de la cellule. À l’inverse, la fondatrice et les femelles fécondées sortent avec la jeune abeille et passent en phase phorétique, fixées sur des abeilles adultes.
Ces acariens phorétiques circulent ensuite dans la ruche jusqu’à trouver de nouvelles larves à infester. Pour pondre au cycle suivant, chaque femelle doit entrer dans une cellule peu avant son operculation. Le traitement par dégouttement d’acide oxalique vise cette phase phorétique : le doseur de précision pour le traitement anti-varroa distribue l’acide oxalique avec des dosages allant jusqu’à 50 ml, selon le besoin de chaque ruche.
Pourquoi le couvain de mâles attire le varroa
La femelle varroa se reproduit davantage dans le couvain de faux-bourdons que dans le couvain d’ouvrières. La durée d’operculation explique en partie cette préférence : elle atteint 24 jours chez le faux-bourdon, contre 21 jours chez l’ouvrière. Ce délai supplémentaire laisse aux filles le temps de devenir adultes et d’être fécondées avant l’émergence.
Les phéromones propres aux larves de mâles attirent aussi les femelles fondatrices. Le couvain de mâles est infesté environ huit fois plus que le couvain d’ouvrières. Lorsque les températures remontent, un cadre à mâles placé en bordure du couvain permet de concentrer le parasite dans des alvéoles plus grandes, construites par les abeilles.
Le cadre doit être retiré et détruit avant la naissance des mâles pour éliminer les varroas qui s’y sont développés. Une femelle peut produire jusqu’à 3 femelles filles adultes fécondées dans le couvain de faux-bourdons par cycle, contre 0,8 à 1,5 dans le couvain d’ouvrières. Cette différence justifie le recours au piégeage sélectif.
| Type de couvain | Durée d’operculation | Femelles filles par cycle | Niveau d’infestation relatif |
| Couvain d’ouvrières | 21 jours | 0,8 à 1,5 | Référence |
| Couvain de faux-bourdons | 24 jours | jusqu’à 3 | Environ 8× plus infesté |
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Foire aux questions
La varroose est la maladie provoquée par l'infestation des colonies d'abeilles par Varroa destructor. Cet acarien se nourrit sur les larves et les abeilles adultes. Il affaiblit leur système immunitaire, dégrade la qualité de la gelée royale produite dans la ruche et transmet des virus aux larves lors de ses prises alimentaires. Sans intervention, une colonie peut être anéantie en deux à trois ans. La multiplication exponentielle du parasite peut aussi gagner l'ensemble du rucher lorsqu'une seule ruche est infestée : contrôlez donc régulièrement le niveau d'infestation dans chaque colonie.
Plusieurs méthodes permettent d'évaluer le niveau d'infestation d'une ruche. Le lavage à l'alcool, le roulement au sucre glace et l'injection de CO2 sont trois techniques reconnues pour compter les varroas sur un échantillon d'abeilles adultes. L'outil Easy Check Varroa réunit ces méthodes dans un dispositif 3 en 1 prêt à l'emploi, adapté aux apiculteurs débutants comme aux professionnels. La cartouche de CO2 et l'injecteur sont disponibles séparément du kit principal. En pratique au rucher, effectuez les contrôles à intervalles définis selon la saison afin d'ajuster le traitement au bon moment.
Certaines colonies détectent plus facilement le parasite dans leurs alvéoles et nettoient les cellules infestées avant que le varroa puisse s'y reproduire. Ce comportement, appelé VSH (Varroa Sensitive Hygiene), leur confère une meilleure résistance aux acariens et aux virus qu'ils transmettent. Des programmes de sélection recherchent des lignées exprimant ce comportement, notamment en étudiant les molécules naturelles qui activent les défenses des abeilles. Pour l'apiculteur, choisir des reines issues de ces lignées constitue un levier de lutte biologique durable, en complément des autres méthodes de gestion du varroa au rucher.
