Seuil tolérable pour le varroa en été : comptage et traitement par ruche

Publié par Delphine - Aux Abeilles Alpines le 11/08/2026 20:01 et modifié le 11/08/2026 17:45.

Savoir à quel niveau d’infestation par le varroa une intervention devient nécessaire en été est déterminant pour la santé du rucher. Les seuils de référence évoluent avec la saison et le suivi régulier évite les traitements inutiles comme les interventions tardives.

Seuils du varroa sur lange en été

La chute naturelle sur un lange graissé reste la méthode de suivi la plus accessible. À l’échelle du rucher, elle évalue le niveau d’infestation sans perturber les colonies. Les seuils évoluent selon le mois : un nombre acceptable en juillet ne l’est plus forcément en août. Cet outil propose trois méthodes : le roulement au sucre glace, le lavage à l’alcool et l’injection de CO₂.

Verification du nombre de varroa sur un lange de comptage

Lire la chute quotidienne

La chute naturelle correspond au nombre de varroas tombés chaque jour. Pour obtenir un comptage varroa sur lange fiable, divisez le total relevé sur le lange par le nombre de jours de pose. Ce résultat donne une première estimation de la charge parasitaire, sans ouvrir la ruche.

  • Infestation faible (< 5 varroas/jour en juillet-août) : aucun traitement immédiat n’est justifié. Le suivi reste nécessaire tous les dix à quinze jours afin de repérer une progression rapide.
  • Infestation moyenne (5 à 10 varroas/jour) : ce niveau constitue un signal d’alerte. Préparez le traitement, notamment dès le retrait des hausses, avant que les abeilles d’hiver ne soient compromises.
  • Infestation forte (> 10 varroas/jour) : le seuil critique est dépassé. À la mi-juillet, une intervention doit être anticipée sans délai pour préserver la survie de la colonie.

En août-septembre, la chute naturelle tolérable peut atteindre 25 varroas par 24 heures. Au-delà de 25 chutes de varroas par jour, le traitement devient impératif : la charge parasitaire peut compromettre la constitution des abeilles d’hiver.

Période Chute faible (pas de traitement urgent) Chute moyenne (traitement à préparer) Chute forte (traitement urgent)
Juillet (mi-saison) < 5 varroas/jour 5 à 10 varroas/jour > 10 varroas/jour
Août-septembre < 10 varroas/jour 10 à 25 varroas/jour > 25 varroas/jour

Poser correctement le lange

Pour réaliser un comptage varroa sur lange dans de bonnes conditions, glissez le lange graissé sous un fond entièrement grillagé et laissez-le en place sept jours. Cette durée améliore la fiabilité de la mesure par rapport à une pose plus courte. En cas de forte chaleur ou d’humidité, trois jours peuvent suffire. Utilisez alors le nombre de jours de pose comme diviseur pour la moyenne quotidienne.

Si le fond grillagé ne couvre pas toute la surface du plancher, corrigez le résultat obtenu. Lorsque seuls deux tiers de la surface sont grillagés, multipliez le comptage brut par 1,5 avant de l’interpréter. Sans cette correction, le nombre de varroas est sous-estimé et la décision de traiter peut être retardée.

La chute naturelle reste une méthode peu intrusive, utilisable tout au long de la saison, y compris sans ouvrir la ruche. Elle doit toutefois être lue avec prudence en été : une grande partie des varroas se trouve encore dans le couvain operculé et n’apparaît pas dans les chutes de varroas. Un comptage sur abeille adulte permet alors d’évaluer le niveau d’infestation avec davantage de précision et d’adapter le traitement à la situation de la colonie.

Méthode de comptage sur les abeilles adultes

Le comptage sur les abeilles adultes permet d’évaluer le niveau d’infestation en varroas phorétiques, c’est-à-dire ceux qui circulent sur les abeilles, puis de calculer un taux d’infestation en pourcentage.

Mesurer les varroas phorétiques

Le plateau de comptage du varroa placé au fond de la ruche recueille les acariens tombés naturellement. Pour mesurer les varroas phorétiques présents sur les abeilles adultes, prélevez environ 300 abeilles dans la zone de couvain. Le taux d’infestation se calcule en divisant le nombre de varroas récupérés par le nombre d’abeilles de l’échantillon, puis en multipliant le résultat par 100 pour l'exprimer en nombre de varroas pour cent abeilles. Le pourcentage obtenu peut ensuite être comparé aux seuils de référence.

  • Mi-juin et mi-juillet : le seuil tolérable est fixé à 3 varroas pour 100 abeilles. Au-delà, un traitement doit être programmé sans attendre une dégradation visible de la colonie.
  • Août-septembre : le seuil tolérable monte à 5 varroas pour 100 abeilles. Un taux supérieur à 5 % appelle toutefois une intervention immédiate afin de protéger les abeilles d’hiver.
  • Pic de population : un taux inférieur à 2 % reste acceptable. Entre 3 et 5 %, une intervention est à envisager; au-delà de 5 %, le traitement devient impératif.

Pour compter avec précision et décider rapidement si un traitement s’impose, prélevez les abeilles sur un cadre de couvain garni d’abeilles nourrices, là où la concentration en varroas est la plus forte. Dans un rucher de plus de vingt colonies, un échantillonnage de huit ruches suffit pour obtenir une mesure fiable.

Comparer alcool, sucre et CO₂

Le lavage à l’alcool à 70° reste la méthode de référence pour compter les varroas. Il décroche efficacement la quasi-totalité des acariens présents sur les abeilles de l’échantillon et fournit la précision la plus élevée. À l’inverse, le roulement au sucre glace conserve les abeilles vivantes, mais se montre environ 35 à 40 % moins efficace et tend à sous-estimer l’infestation réelle. Cette limite doit être prise en compte avant de conclure à une situation favorable. Sans alcool, l’injecteur CO2 Easy Check pour un diagnostic varroa endort temporairement les abeilles et les acariens grâce au dioxyde de carbone. L’agitation du panier fait ensuite tomber les varroas à travers les perforations, ce qui permet un comptage en quelques secondes.

Des études européennes indiquent que le diagnostic au CO₂ offre une précision comparable à celle du lavage à l’alcool. La cartouche de CO₂ non filetée n’est pas incluse dans le kit et doit être achetée séparément, mais son montage sur l’injecteur ne demande ni difficulté particulière ni réglage complexe. Elle convient notamment lorsque les abeilles doivent être libérées après le comptage.

Prélever sans prendre la reine

Avant de secouer les abeilles dans le récipient de lavage ou d’injection, vérifiez que la reine ne se trouve pas dans le prélèvement. Sa perte compromettrait immédiatement l’avenir de la colonie. Repérez-la sur le cadre choisi avant toute manipulation, puis écartez-la ou sélectionnez un cadre voisin pour l’échantillonnage. Une secousse franche au-dessus de la ruche permet ensuite de faire rentrer les abeilles restantes sans perturber l’ensemble du nid.

Le cadre le plus adapté est un cadre de couvain operculé entouré de jeunes abeilles nourrices, car elles portent proportionnellement plus de varroas phorétiques que les butineuses. Dès que les températures remontent en journée, les butineuses sont absentes de la ruche; le prélèvement se concentre alors plus facilement sur les nourrices, avec un risque réduit de biais. Ce créneau est à privilégier selon la saison pour obtenir un taux d’infestation représentatif.

Une fois l’échantillon constitué, effectuez le calcul sur le terrain : divisez le nombre de varroas récupérés par le nombre d’abeilles, puis multipliez par 100. Si le résultat dépasse le seuil correspondant à la période, engagez la programmation du traitement anti-varroa sans attendre le prochain contrôle. Notez la date, le cadre prélevé et le résultat dans un registre par colonie afin d’assurer la traçabilité et de faciliter les décisions ultérieures.

Traiter une infestation estivale au bon moment

En été, la pression parasitaire réelle dépasse souvent ce que révèlent les comptages sur les abeilles adultes : jusqu’à 80 % des varroas peuvent se trouver dans le couvain operculé. Une intervention bien calée protège les futures abeilles d’hiver, dont la qualité conditionne la survie de la colonie jusqu’au printemps suivant. Le risque augmente après la récolte, lorsque le parasite se multiplie rapidement.

Découpe de couvain mâles pour detecter la presence de varroas

Agir après le retrait des hausses

Aucun traitement anti-varroa ne doit être appliqué pendant une miellée active. La lutte contre varroa se programme donc dès le retrait des hausses. Ce choix nécessite l’avis d’un vétérinaire ou d’un GDSA avant toute intervention médicamenteuse.

  • Signal de déclenchement : un seul comptage dépassant 10 varroas par jour sur lange, ou 3 varroas pour 100 abeilles en été, suffit pour programmer le traitement dès le retrait des hausses.
  • Urgence absolue : au-delà de 10 varroas par jour sur lange en juillet, ou 25 varroas par jour en août-septembre, le traitement ne peut attendre. La survie de la colonie est en jeu et l’intervention doit être immédiate.
  • Blocage de ponte : isoler temporairement la reine interrompt la reproduction du varroa dans le couvain. Cette méthode peut être associée à un traitement pour en renforcer l’efficacité.

Une fois les hausses ôtées, la proportion de varroas accessible aux substances acaricides est plus importante : cette fenêtre offre donc les meilleures conditions pour traiter. La manquer compromet la préparation à l’hivernage.

Choisir un traitement adapté

L’acide oxalique par dégouttement fait partie des méthodes autorisées en apiculture conventionnelle et biologique, notamment en l’absence de couvain ou lorsque celui-ci est réduit. Pour faciliter l’application, le doseur de précision pour le traitement anti-varroa à l’acide oxalique évite l’usage d’une seringue grâce à ses deux chambres utilisables d’une seule main. Sa capacité totale atteint 600 ml, avec des dosages possibles jusqu’à 50 ml. Il s’adapte aussi bien à l’apiculteur amateur qu’au professionnel qui gère un rucher important.

L’acide formique constitue une autre option estivale, lorsque la température extérieure permet son emploi. Son action pénètre les cellules operculées et atteint les varroas présents dans le couvain.

Suivi de chaque colonie après traitement

Un traitement ne dispense pas d’un contrôle post-intervention : les données disponibles montrent que 34 % des colonies contrôlées après traitement conservent une infestation résiduelle importante. Pendant la saison active, un suivi tous les dix à quinze jours permet de repérer rapidement une résurgence et d’ajuster la conduite du rucher avant que la situation ne devienne critique. La différence se joue sur la régularité du suivi autant que sur le choix du traitement initial.

Contrôler l’efficacité du traitement

Réalisez un comptage du varroa deux semaines après la fin d’un traitement à l’acide oxalique ou d’un autre acaricide. Ce délai constitue le repère standard pour mesurer l’efficacité réelle de l’intervention. Si l’infestation résiduelle reste élevée, un traitement de rattrapage doit être envisagé rapidement, en concertation avec un vétérinaire ou un GDSA.

  • Délai de contrôle : effectuez le comptage de vérification deux semaines après le retrait des lanières ou la fin du protocole d’application. Le résultat donnera une image représentative du niveau résiduel.
  • Seuil résiduel préoccupant : si le taux post-traitement dépasse les valeurs tolérables pour la période, un traitement de rattrapage s’impose avant la constitution des abeilles d’hiver.
  • Vigilance en août : un taux faible en août ne dispense pas d’une stratégie ultérieure. Une infestation à 0,5 % peut tripler d’ici octobre en raison de la multiplication exponentielle du parasite.
  • Échantillonnage représentatif : contrôlez au moins 10 % des ruches. Pour un rucher de plus de vingt colonies, un échantillonnage de huit ruches rend la mesure des varroas phorétiques fiable à l’échelle du rucher.

L’outil EASY CHECK VARROA réunit trois méthodes, lavage à l’alcool, roulement au sucre glace et injection de CO₂, dans un seul dispositif adapté à l’amateur comme au professionnel. Il simplifie ainsi l’organisation des contrôles réguliers. La cartouche de CO₂ non filetée doit être achetée séparément, mais son montage ne demande aucun réglage.

Organiser les relevés du rucher

Tenez un registre par colonie, avec les dates de comptage, les résultats chiffrés, les traitements appliqués et les observations comportementales. Ce document constitue la base d’une gestion rigoureuse du rucher. Il facilite la traçabilité réglementaire et le dialogue avec le vétérinaire ou le GDSA lorsqu’une décision médicamenteuse doit être prise. Associer ce relevé aux visites de routine permet de repérer les signaux d’alerte avant qu’ils ne franchissent les seuils critiques.

Une fréquence mensuelle d’avril à septembre, complétée par un contrôle tous les quinze jours en fin d’été, couvre les périodes à risque accru et protège durablement la santé du rucher. En élevage biologique, ce rythme mensuel est impératif et doit être documenté avec rigueur. Les fiches de suivi, sur papier ou au format numérique, renforcent la cohérence des décisions d’une saison à l’autre.

Produits recommandés

Foire aux questions

En été, le choix du traitement dépend de la présence de couvain et du mode d’élevage. L’acide oxalique, appliqué par dégouttement, convient lorsque le couvain est absent ou réduit, notamment après le retrait des hausses. L’acide formique peut aussi être utilisé lorsque les températures sont adaptées : il agit sur les varroas présents dans les cellules operculées.

Aucun traitement chimique ne s’applique pendant une miellée active. Dès que le comptage dépasse le seuil tolérable, prévoyez l’intervention après le retrait de la hausse. Avant toute intervention médicamenteuse, consultez un vétérinaire ou un GDSA afin de choisir le protocole adapté à chaque ruche.

Pendant la saison active, un comptage tous les dix à quinze jours donne une bonne vision de la pression parasitaire et permet de décider rapidement si un traitement devient nécessaire. En fin d’été, à partir d’août, ce rythme est particulièrement utile : après la récolte du miel, le taux de varroas peut augmenter rapidement.

Un comptage mensuel reste recommandé d’avril à septembre, avec un suivi plus rapproché dès que les résultats approchent des seuils critiques. En élevage biologique, ce contrôle mensuel est impératif. Après un traitement, réalisez une vérification deux semaines après la fin de l’application pour confirmer son efficacité et repérer les colonies qui nécessitent un traitement de rattrapage.

En été, le couvain est abondant et jusqu’à 80 % des varroas peuvent se trouver dans les cellules operculées. Un prélèvement d’abeilles adultes ne permet donc pas de les mesurer. Le taux obtenu sur un échantillon de 300 abeilles ne reflète que la fraction phorétique, celle qui circule sur les adultes, et non la charge parasitaire totale de la colonie.

Les seuils d’intervention sur abeilles adultes sont donc fixés à des valeurs basses en été, comme 3 varroas pour 100 abeilles à la mi-juillet. Cette limite tient compte de la sous-estimation du comptage. Croisez le résultat avec la chute naturelle observée sur le lange : le diagnostic devient plus fiable et le risque de sous-évaluer l’infestation diminue.